Considérant leur acte comme une alerte, les syndicats, par la voix de leur coordonnateur, M. Noël Ramadan, ont déploré les conséquences de la flambée désordonnée des prix ont indiqué avoir
choisi la voie de la sagesse en demandant « au gouvernement, à l'Assemblée Nationale, au Conseil Economique et Social et dans une certaine mesure aux partenaires bi- et multilatéraux de la
RCA de prendre la mesure de cette inestimable contribution des organisations syndicales ».
Selon M. Ramadan, le niveau général des prix est arrivé à un seuil critique qui rend l'accessibilité à certains produits de première nécessité très difficile, même pour les classes
moyennes.
Il a indiqué, à titre d'exemple, que de 1999 à 2007, la variation des prix pour les produits pétroliers, les féculents y compris le maïs, la viande de bœuf, la volaille et le poisson a été
respectivement de 58,9%, 38,8% et 51,2% ».
Parmi les facteurs explicatifs de l'inflation observée, « on peut citer la baisse de la production agricole par tête, le volume vivrier par tête qui est passé 257,5kg en 1987 à 255 kg en
2007, ce qui traduit se notamment par une situation de marché caractérisé par une production inférieure à la demande et favorable à la hausse des prix ».
« Depuis 1986, le niveau des salaires est bloqué, alors que le coût de la vie s'est renchéri énormément, par conséquent le pouvoir d'achat s'est sérieusement effrité, rendant la couverture
des besoins primaires de plus en plus problématique pour la plupart des ménages centrafricains », a encore expliqué M. Ramadan.
Rappelons qu'en février dernier, le gouvernement et les six centrales syndicales avaient signé un accord mettant un terme à une grève déclenchée le 2 janvier 2008 pour réclamer le déblocage
des salaires et l'apurement des arriérés de salaires accumulés depuis une quinzaine d'années.